Qu’est ce que le lobbying ?

Le lobbying est un terme un peu galvaudé. Souvent employé mais mal connu du grand public, il est pourtant plus complexe qu’il n’y parait. Loin de l’activité de l’ombre que l’on s’imagine parfois, le lobbying est au contraire parfaitement légal.
Il reste cependant difficile à encadrer. Retour sur ce qu’il est et fait, qui sont ses acteurs ainsi bien sûr que ses limites potentielles.   

Lobbying : définition 

Selon le dictionnaire Larousse, un lobby est un mot d’origine anglaise dont l’équivalent français est « groupe de pression ».
Il s’agit donc d’un groupe rassemblé autour d’intérêts communs dont le but est de pousser le pouvoir politique à prendre des décisions qui lui soient favorables.
Ce groupe est constitué d’individus appelés lobbyistes, souvent considérés comme des hommes de l’ombre. Les lobbys sont cependant tout à fait légaux et leur fonctionnement est encadré.   Il est ainsi habituel pour des hommes et femmes politiques de s’entretenir avec des lobbyistes, parfois appelés représentants d’intérêt.
Le phénomène n’est cependant pas aussi répandu en France qu’aux États-Unis, précurseurs comme souvent. Au sein de l’Union européenne (UE), c’est Bruxelles qui semble s’imposer comme capitale du lobbying.
La Commission européenne a ainsi mis en place un registre de transparence dès 2011, censé répertorier les groupes auxquels appartiennent les plus de 30’000 lobbyistes présents dans le quartier des affaires qui l’entoure.   

Qui sont les lobbyistes 

Suivant le modèle européen, les lobbyistes français sont tenus de se déclarer depuis 2017. Ils figurent ensuite dans un répertoire maintenu par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Ce procédé, décrit par la loi dite Sapin II, est obligatoire.
Tous ne font cependant pas la démarche de s’exposer au grand public, malgré une peine d’emprisonnement pouvant s’élever à un an en cas de contrôle.   
Entre leur mauvaise réputation, la volonté de certains de ne pas dévoiler leur influence aux yeux de tous et tout simplement une méconnaissance de leur rôle, les lobbyistes restent difficiles à identifier du grand public. Ils ne sont pourtant pas un seul et même groupe uni et défendant des intérêts proches.
On retrouve ainsi un grand nombre de syndicats, d’associations et d’ONG parmi les lobbys.
Les entreprises privées constituent évidemment une part conséquente de leurs représentants, auxquels viennent s’ajouter des cabinets de conseil.   
Tous les domaines d’activités sont concernés par le lobbying.
Quelques grandes thématiques se discernent tout de même de la masse. La plupart des lobbys sont ainsi liés à l’économie, l’environnement ou la santé.
Contre toute attente, il est donc possible de retrouver dans les rangs des lobbys des associations comme Greenpeace au même titre que de grands industriels comme Monsanto. Inutile de rappeler que leurs intérêts sont rarement les mêmes.   

Comment fonctionne le lobbying? 

Dans le but de défendre leurs intérêts, les lobbyistes n’attendent pas le passage d’une loi qui pourrait les desservir. Ils agissent au contraire dès sa préparation.
Afin d’influencer les décisions, ils ont recours à différents moyens, notamment le financement de recherches scientifiques et la publication de rapports qui iraient dans leur sens et donneraient ainsi plus de poids à leur position.   
Les lobbyistes sont également proches des décisionnaires de leur pays. En étant en contact direct et régulier avec des hauts représentants français et européens, ils s’assurent de transmettre leurs valeurs, faire circuler leurs idées, mais aussi se tenir au courant des projets de loi et de l’état d’esprit préalable à leur écriture. Ils intègrent alors les données récoltées dans leur stratégie de communication. 
Ce n’est pas un hasard si la plupart des lobbyistes européens possèdent des bureaux à quelques rues du Parlement européen à Bruxelles. Lobbyistes et fonctionnaires européens seraient ainsi présents en nombre quasiment équivalent au cœur de la capitale belge.   

Limites du lobbying 

Les données publiées par les lobbys sont prises en compte par les décideurs administratifs. Dans le cas de la France, cela concerne les députés siégeant à l’Assemblée nationale, les parlementaires, ou encore le Conseil d’État.
La limite de ce procédé apparaît lorsque la diversité des sources d’information n’est pas suffisante et que les lobbies sont les seuls ou presque à publier des résultats.
Il devient alors compliqué de distinguer de potentiels biais venant interférer avec le processus de décision. Le principal de ces biais est la publication de résultats partiels, ne reflétant pas toute la complexité d’un problème.   
Pour de nombreux politiques, les lobbys sont une nécessité, ils ne se cachent d’ailleurs pas de les consulter avant des prises de décisions importantes.
D’autres s’en plaignent au contraire, dénonçant une influence trop importante, mettant en péril la neutralité de nos dirigeants.
Ce fut notamment le cas d’Anne Hidalgo, Maire de Paris, déclarant en 2017 avoir été menacée par les lobbies de l’automobile et du diesel.
Ce fut également l’une des raisons évoquées par Nicolas Hulot, alors Ministre de la transition écologique et solidaire, lors de sa démission du Gouvernement en août 2018.   
Ces réticences, y compris au sein des forces politiques en place, soulèvent la question de l’indépendance des décideurs politiques. Dans une société démocratique, chacun doit avoir les mêmes chances d’être entendu.
En représentant les entreprises ou associations, l’existence des lobbys est légitime. Le tout est cependant de trouver le bon équilibre et de veiller à ce que les groupes d’intérêts ne pèsent pas plus lourd que l’avis des citoyens ou l’intérêt environnemental.